Effets respiratoires du midazolam chez les patients atteints du syndrome d'apnées obstructives du sommeil
B. GENTIL, A. TEHINDRAZANARIVELO, A. LIENHART, B. MEYER, B. FLEURY
Ann Fr Anesth Réanim, 13:275-279, 1994
Les obstructions des voies atriennes supérieures sont augmentées par les benzodiazépines administrées en doses hypnotiques, en particulier chez les patients atteints de syndrome d'apnées obstructives du sommeil (SAOS). L'effet de doses moindres, comme celles d'une prémédication, n'a pas été étudié. Sept patients ayant un SAOS modéré, diagnostiqué lors d'une polysomnographie antérieure (enregistrement de base), et sept patients témoins ont été étudiés par polysomnographie après une injection i.m. de 0,08 mg • kg -1 de midazolam. Les évènements respiratoires obstructifs par heure de sommeil (apnées et hypopnées) dans le groupe SAOS après midazolam (n = 29,6 + 10,0 et durée = 11,2 + 3,5 min) étaient similaires à ceux de l'enregistrement de base (respectivement, n = 38,4 + 11,6 et durte = 12,0 + 3,5 min) et étaient significativement supérieurs à ceux du groupe témoin (n = 3,8 + 2,0 et dur6e = 1,8 + 1,3 min). Dans le groupe SAOS, le temps de désaturation artérielle (< 90 %) passait de 1,5 4- 1,4 % du temps de sommeil (enregistrement de base) h 4,7 + 1,9 % (midazolam) (NS). Cependant, une augmentation passant de 0 h plus
de 10 % était observée chez deux patients. Si une majoration de l'obstruction des voies aériennes supérieures chez des sujets atteints de SAOS modéré n'a pasé été notée après l'administration de 0,08 mg • kg -1 de midazolam, des épisodes de désaturation en 02 peuvent être observés. Ces données justifient la surveillance clinique et celle de la saturation artérielle en O2 après toute administration de benzodiazépines chez de tels patients.
One-Night Mandibular Advancement Titration for
Obstructive Sleep Apnea Syndrome
A Pilot Study
Boris Pételle, Gerard Vincent, Frédéric Gagnadoux, Dominique Rakotonanahary, Bernard Meyer, and Bernard Fleury
Services d’ORL et de Pneumologie, Hôpital Saint Antoine, Paris, France
American Journal of Respiratory and Critical Care Medecine VOL 165 2002
Les effets d'un propulseur mandibulaire dans le traitement du SAOS sont habituellement évalués en plusieurs séances permettant de propulser petit à petit la mandibule jusqu'à ce que l'obstruction soit levée sans que le patient ne montre de signes d'intolérance à cette propulsion.
Cette étude décrit une technique permettant, en une nuit, sous contrôle polysomnographique, de déterminer la quantité d'avancement mandibulaire nécessaire à la disparition du syndrome de SAOS. Une population de 7 patients présentant un SAOS sévère (65 apnées par heures) ont étré soumis à deux enregistrements polysomnographiques consécutifs. Le premier enregistrement est réalisé alors que le patient porte un propulseur mandibulaire hydraulique qui permet d'augmenter, sans le réveiller, la quantité de propulsion ; la somnographie permet de déterminer pour quelle quantité de propulsion les signes de SAOS disparaissent. Cette propulsion est mesurée et reportée sur un second propulseur de type bièles de Herbst (quantité de propulsion fixe) que le patient portera pour la seconde polysomnographie. Tous les patients ont été jusqu'au bout de l'étude. La quantité d'avancement moyenne mesurée est de 12,6 mm (à 2,7 près).
L'indice AHI (apnée-hypopnée) est significativement réduit : de 66,9 à 26,1 pendant la première nuit de somnographie. Le second enregistrement montre une diminution à 19,6 de l'AHI qui est inférieur à 20 pour 71% des patients et infèrieur à 10 pour 42,9% d'entre eux.
L'efficacité d'un propulseur mandibulaire est mesurable en une nuit avec polysomnographie.
Quantité d'avancement mandibulaire nécessaire pour l'apnée obstructive du sommeil. Optimisation des procédures en combinant signes cliniques et oxymétriques.
B. Fleury, D. Rakotonanahary, B. Pételle, G. Vincent, N. Pelletier Fleury, B. Meyer, B. Lebeau
Chest 2004 ; 125, 1761-1767
Les propulseurs mandibulaires ont été utilisés pour le traitement du SAOS avec plus ou moins d'efficacité et ont fait l'objet d'études ces dernières années. Mais en l'absence d'un consensus de recommandations, la méthode de détermination de la quantité d'avancement varie d'une étude à l'autre.
Cette étude est menée dans un centre hosppitalo-universitaire de traitement des désordres du sommeil.
La population étudiée comporte 40 patients diagnostiqués par somnographie comme présentant un SAOS (AHI = 46 ~ 21) et ne intolérants au masque de ventilation par pression positive continue.
La méthode consiste à réaliser un propulseur mandibulaire en résine acrylique muni de bièles de Herbst. La propulsion est augmentée de 1 mm chaque semaine jusqu'à disparition des symptômes et diminution de la désaturation en oxygène ou bien jusqu'à l'obtention de la propulsion maximum (la position doit rester confortable). La disparition finale du SAOS est mesurée par polysomnographie.
Une réponse complète est observée dans 63,6% des cas et une réponse limitée dans 18,2%. Dans 20 à 25% des cas on constate une disparition des symptômes mais une persistence de la désaturation ou l'inverse. Après 17 mois, 34 patients déclarent utiliser le propulseur 5 fois par semaine pour 89% de leur temps de sommeil.
La combinaison d'une évaluation subjective du patient et de mesures oxymétriques améliore l'efficacité de la mesure de la quantité de propulsion nécessaire.
Mise en place du traitement du SAOS
B. Fleury, X.-L. Nguyen, D. Rakotonanahary, J. Cohen-Levy, B. Pételle
Revue de Pneumologie clinique (2009) 65, 214—218
La stratégie thérapeutique du syndrome d’apnées—hypopnées obstructives de sommeil (SAHOS) repose sur une analyse de la sévérité de la maladie qui intègre le terrain (antécédents cardiovasculaires en particulier), l’importance de la somnolence diurne et la fréquence de survenue des événements respiratoires anormaux. Le traitement préconisé est le plus souvent palliatif et contraignant et son succès est étroitement dépendant de l’observance. La mise en place est donc une étape essentielle qui conditionnera l’acceptation, au moins initiale,
du traitement.
Eur Respir J 2009; 34: 914–920
59 patients présentant un AHI de 34 ont été traités pendant 8 semaines avec port d'un OPM et 8 semaines avec utilisation de CPAP, réglés sous contrôle polysomnographique. Les mesures ont porté sur l'étude du sommeil à la maison, la somnolence, la qualité de vie en terme de santé, des tests cognitifs, effets secondaires, aspects pratiques et confort.
L'AHI médian a été mesuré à 2 pour la CPAP et à 6 pour l'OPM. La titration en une nuit a une valeur prédictive positive élevée (85%) et faible (45%) quand elle est négative. Les deux traitements augmentent de manière significative la somnolence (objective et subjective), les tests cognitifs et la qualité de vie. Les OPM sont mieux tolérés (70% les sujets préfèrent).
Cette étude montre l'intérêt des OPM, avec titration, dans les cas de SOAS modérés et chez les patients en surcharge pondérale. Même si elles sont moins efficaces que la CPAP, les OPM bien réglées permettent dediminuer l'AHI et sont bien tolérées. Les deux techniques améliorent la fonction respiratoire à des degrés équivalents. Le réglage en une nuit de l'OPM a une faible valeur prédictive négative.
